Valoriser l’autoconsommation et l’autoproduction

12 Août 2020 | Ingénierie financière et investissements

Diversifier ses revenus et réaliser des économies avec l’autoconsommation

Produire et consommer son énergie

Le terme d’autoproduction consiste à produire de l’électricité à partir de ses propres installations. L’exploitant peut alors revendre et/ou directement consommer cette énergie. Lorsqu’on consomme en partie ou totalement de l’électricité produite soi-même, on parle alors d’autoconsommation. Celle-ci peut être faite de manière individuelle (le consommateur produit sa propre électricité qu’il consomme) ou collective (des consommateurs s’associent avec des producteurs pour s’approvisionner en électricité).

Toutefois, les autoconsommateurs ne sont pas indépendants du réseau. Sans raccordement au réseau, il est nécessaire d’avoir des capacités de production et de stockage suffisantes. La production d’énergie dépends souvent de l’ensoleillement, et est donc concentrée durant les journées d’été, par opposition à la période hivernale. Les autoconsommateurs sont donc souvent raccordés au réseau afin d’injecter le surplus lors des pics de production. Ceci permet aussi de s’approvisionner par le réseau lorsque l’autoproduction ne suffit pas.

Un gain économique

Le propriétaire peut ainsi obtenir une nouvelle source de revenus en revendant totallement ou partiellement l’énergie produite. De plus, l’autoconsommation sécurise une partie de l’approvisionnement au regard d’éventuelles augmentations du prix à venir. Pour valoriser son autoproduction, il faut rendre disponible une certaine puissance lors des périodes de pics de consommation.

Tout d’abord, les installations doivent être raccordées au réseau de distribution. La capacité de production doit pour cela être certifiée auprès d’Enedis. Cette puissance disponible est représentée par des garanties de capacité que le propriétaire obtient, proportionnellement à la puissance offerte (1 garantie de capacité vaut 0,1 MW). Les garanties peuvent alors être vendues auprès des fournisseurs à travers le marché de capacité.

Les spécificités du TURPE pour les autoproducteurs

Le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité) finance la gestion des réseaux de transport et de distribution d’électricité. La CRE (Commission de régulation de l’énergie) réévalue annuellement la grille tarifaire. Le TURPE est définit par la somme de différentes composantes (gestion, comptage, soutirage, dépassements, …). Des tarifs spécifiques existent pour les différents autoconsommateurs sur les composantes de gestion et de soutirage.

La composante de gestion différencie les autoproducteurs en collectif, et les autoproducteurs individuels avec et sans injection. Notons que les tarifs sont principalement plus élevés dans le cas des autoproducteurs individuels avec injection. Cette différenciation s’explique par l’injection de surplus de consommation au réseau. Dans le cas de la composante de soutirage, un tarif spécifique est uniquement mis en place pour les autoproductions collectives.

Exonération de taxes

En dehors des tarifs propres aux autoconsommateurs pour le TURPE, les autoconsommateurs peuvent bénéficier d’exonération de différentes taxes. Les exploitants peuvent être exonérés dans deux cas de figure. Le premier est d’être en autoconsommation totale (toute l’énergie produite est consommée) avec une installation dont la production annuelle est inférieure à 240 GWh. La seconde possibilité est d’être cette fois en autoconsommation partielle, avec une puissance de production inférieure à 1 MW.

Cette exonération s’applique sur la CSPE (Contribution au service public d’électricité), les taxes locales (taxes communales et départementales sur la consommation finale d’électricité), et la TVA. Rappelons que les taxes représentent près d’un tiers de la facture finale d’électricité. Être exonéré est donc un véritable gain économique pour les personnes concernées.

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