Constitution et évolution des prix de l’électricité

10 Août 2020 | Suivi et analyse des prix de marchés

Constitution du prix de l’électricité

Plusieurs parties composent le prix final de l’électricité, servant à rémunerer les différents acteurs. En effet, différentes étapes sont nécessaires pour être approvisionné en électricité : la production, le transport, la distribution et la fourniture. En plus du prix de fourniture représentant environ un tiers de la facture, la facture comporte aussi l’acheminement les différentes taxes : la TVA, la CSPE, les taxes locales et la CTA.

Les offres d’électricité existent sous deux formes en France. Avant l’ouverture à la concurrence, les tarifs réglementés de vente d’EDF, dont les prix sont fixés par l’Etat,  étaient les seules offres disponibles. Depuis l’apparition des fournisseurs alternatifs, des offres de marché existent désormais. Les fournisseurs alternatifs proposent des offres de marché dont le prix est fixé librement.

Afin de s’approvisionner en électricité, les fournisseurs achètent l’électricité sur le marché de gros de l’électricité, pour ensuite livrer l’électricité aux clients à travers les réseaux de transport et de distribution. L’électricité ne se stockant pas à grande échelle, le marché de gros assure l’équilibre entre l’offre (production et importations de pays européens) et la demande (consommation finale et exportations). Différents acteurs interviennent alors sur ce marché pour négocier : les producteurs, les fournisseurs, les négociants et les opérateurs d’effacement. Ainsi, les échanges peuvent être faits de gré à gré ou sur les bourses de l’électricité.

Les marchés d’électricité

Le prix spot

Deux types de produits existent, avec chacun un marché associé. Les premiers sont les produits spot ou au comptant. Ils se vendent de la veille pour le lendemain (day-ahead), ou en infra-journalier (intraday). Les livraisons day-ahead se font en « base » (à n’importe quelle heure toute la semaine) ou en « pointe » (uniquement de 8h à 20h du lundi au vendredi).

Ces prix de court terme sont soumis à une très forte volatilité. L’équilibre offre-demande ne se réalise pas toujours, notamment avec la difficulté du stockage de l’électricité et les aléas climatiques.

Le prix à terme

Les contrats de vente et d’achat d’électricité à plus long terme (semaines, mois, trimestres et années à venir) se négocient sur le marché à terme. Le prix est déterminé au moment du contrat. Du fait de cette vision à plus long terme, les prix à terme sont moins volatils que les prix spots.

Les différents acteurs du marché se mettent en relation par les bourses de l’électricité. De plus, les risques liés à l’approvisionnement sont réduis grâce aux bourses. En effet, l’ouverture à la concurrence à l’échelle européenne offre un accès à un large pannel de producteurs. Parmi elles, la bourse Epex Spot (European Power Exchange) gère le marché de l’électricité intraday et à terme en France, en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Depuis 2019, la bourse NSP (Nord Pool Spot) opère en France pour le marché day-ahead.

Prix de l’électricité

Evolution des prix de l’électricité – mars 2021

L’évolution des prix du CO2 continue de dicter la tendance des prix de l’électricité durant le mois de mars. La tonne de carbone a atteint un nouveau record de hausse mi-mars à près de 43 €, faisant grimper le prix de l’électricité à des niveaux hauts plus observés depuis plus de deux ans. Cette tendance haussière a été renforcée par la mauvaise disponibilité du parc nucléaire, toujours affecté par les retards de maintenance, et les températures en baisse.

Evolution des prix de l’électricité – février 2021

Les prix de l’électricité ont suivi la tendance haute des prix du CO2 sur le mois de février. Si les températures plus douces ont permis une accalmie sur les prix en milieu de mois, la remontée des prix du pétrole et du charbon tirent les prix à la hausse fin février. La visibilité sur l’évolution du marché est très faible et la volatilité des prix importante. Si les perspectives de baisse des prix s’amenuisent avec le retour de l’inflation et la hausse globale des commodités, un suivi très strict du marché s’impose pour pouvoir bénéficier d’éventuelles opportunités suite à la sortie de l’hiver.

Evolution des prix de l’électricité – décembre 20 – janvier 21

La hausse des prix de l’électricité entaée en novembre s’est confirmée sur les mois de décembre et janvier. L’année 2021 a ainsi démarrée avec des prix record depuis 2019. En cause principalement, le regain d’optimisme sur les marchés financiers mondiaux causé par le démarrage des campgnes de vaccinations.

S’ajoutent à cet optimisme une forte hausse des prix du CO2 après les annonces de hausse des objectifs de réduction d’émissions carbone de l’UE pour 2030. Le prix de la tonne de CO2 a atteint des prix record en janvier, dépassant les 35 €/tonne.

Enfin, la rigueur de l’hiver a entrainé une hausse du prix du gaz, confirmant la tendance haussière de l’électricité.

Malgré le début des campagnes de vaccination à travers le monde, la situation sanitaire globale reste tendue (nombre record de contaminations aux Etats Unis, propagation de la souche britannique du virus..). Un durcissement des mesures sanitaire est donc à craindre ces prochains temps, entrainant très probablement une nouvelle baisse des prix gaz et électricité.

Evolution du mois de novembre 2020

Après la longue période de baisse des mois de septembre et octobre, les prix de l’électricité ont subi une forte hausse au cours du mois de novembre.  Les tensions autour de l’élection américaines combinées aux annonces des laboratoires pharmaceutiques sur l’arrivée prochaine de vaccins contre le Covid ont créé une vague de hausse sur les places boursières mondiale, entrainant avec elle les prix du pétrole, gaz et du CO2, et par la même, de l’électricité.

Mais les effets de ces annonces ont eu un impact différent selon les années de livraison. Si les échéances à long terme (2022 et 2023) ont bénéficié de l’anticipation d’une amélioration de la situation économique et donc de la reprise des consommations associées, l’échéance 2021 est restée conditionnée par le climat morose du confinement dans un premier temps.

Les annonces de RTE sur des probables tensions sur le réseau électrique pour les mois de janvier et février ont finalement entrainé une importante hausse du calendar 2021, cloturant à 46,59 €/MWh au 30 novembre contre 41,2 €/MWh au premier du mois.

Evolution du mois d’octobre 2020

Les prix de l’électricité pour les échéances 2021 à 2023 ont poursuivit sur le mois d’octobre la baisse entamée mi-septembre. Le calendar 2021 a ainsi perdu plus de 10 % de sa valeur en un mois. Cette forte baisse s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord, le prix du CO2, dont l’influence sur l’électricité est forte, a également perdu quasiment 15 % de son niveau sur le mois, tiré vers le bas par la crainte d’une deuxième vague de Covid. D’autre part, l’annonce d’EDF sur la hausse de sa disponibilité nucléaire pour l’hiver a permi au marché de se détendre, et l’écart de prix avec l’Allemagne de se réduire (passant de 6 €/MWh à 4 €/MWh en un mois). Puis l’annonce d’un second confinement a finalement entériné la baisse, faisant passer le prix de 2021 sous le prix de référence de l’ARENH, 42 €/MWh (capacité incluse).

La situation sanitaire actuelle et l’écart encore fort entre les prix Allemands et Français (normalement situé autour des 2 €/MWh) laissent penser que la baisse devrait se prolonger sur les jours et semaines à venir. Un hiver rigoureux pourrait cependant inverser la tendance.

Evolution du mois de septembre 2020

Malgré une hausse mi-septembre calée sur le cours du CO2, le marché de l’électricité à long terme se détend en cette fin de mois en raison d’une accalmie sur les doutes d’approvisionnement électrique pour cet hiver. En revanche, les prix à court terme (spot) sont toujours soumis à une forte volatilité, principalement due à l’inconstance des moyens de production renouvelables.

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